Pollen

Certaines nuisances peuvent être d'origine naturelle. C'est notamment le cas des pollens et moisissures qui dans certaines conditions ou à certaines époques de l'année envahissent l'atmosphère qui nous entoure, à l'extérieur mais aussi à l'intérieur de nos habitations, lieux de travail...

 

Les pollens

 

Le grain de pollen est l’élément reproducteur de la plante. Malgré son origine naturelle, certains pollens peuvent être allergisants. Il existe deux types de transports de ces grains particulaires dont la taille peut varier de 7 à 250 micromètres selon les espèces :

◊ Par les insectes chez les plantes dites « entomophiles ». Leur pollen est peu abondant dans l’atmosphère et peu allergisant ;

◊ Par le vent chez les plantes dites « anémophiles ». Leur pollen est abondant dans l’atmosphère et plus souvent allergisant. Les pollens anémophiles sont petits et légers pour pouvoir être transportés par le vent. Ils parcourent des dizaines, voire des centaines de kilomètres.

Les grains de pollens sont nécessaires au développement des végétaux. Toutefois, pour les 10 à 20 % de la population qui y sont allergiques, ils constituent une véritable pollution biologique de l’air.

L'étude en cours

A Nouméa, une étude des pollens commandée par l’association Asthme et Bronches entre 1997 et 2000 a permis de collecter les premières données et de mettre en place une ébauche de calendrier pollinique dont le but est de connaitre les variations saisonnières d’émission des pollens anémophiles.

Au regard des risques d’allergies respiratoires attribués à la présence de pollens dans l’air ambiant, la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales (DASS), en partenariat avec Scal’Air, a souhaité poursuivre l’étude visant notamment à identifier les espèces végétales émettrices de pollens et les périodes de présence à l’échelle de l’année. L’endémisme des plantes calédoniennes mais aussi l’importation d’espèces ornementales à fort pouvoir allergisant telles que les cyprès ou le bois noir (Albizia lebbeck), justifient d’autant plus la mise en place d’un suivi des pollens.

Ainsi, depuis septembre 2015, Scal’Air a installé un capteur de pollen sur le site de Météo France au Faubourg Blanchot. L’identification et le comptage des pollens se fait en partenariat avec le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) en métropole. Le but de cette campagne est de compléter et mettre à jour le calendrier pollinique existant pour à terme, réduire les risques de maladies allergiques liées à l’exposition aux pollens.

 

Le préleveur de pollen installé au Faubourg Blanchotpréleveur pollen

 

A noter que les pollens ne sont pas les seuls allergènes présents dans l’atmosphère, de nombreuses études s’intéressent également aux moisissures.

 

Les moisissures

 

Les allergies aux moisissures se sont développées au cours de ces trente dernières années : des douches plus fréquentes, la cuisine à la vapeur et le manque d'aération ont augmenté le taux d'humidité dans des lieux mal ventilés. Les régions tropicales sont particulièrement propices au développement des moisissures.

 

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Les moisissures sont des champignons microscopiques (qu'on ne voit donc pas à l'oeil nu) qui se développent dans des endroits humides, obscurs et mal aérés : salle de bains, cuisines, sous sols des maisons et immeubles, caves, aquariums et terre des plantes vertes. Les moisissures se nourrissent de matières organiques carbonées et de minéraux contenus dans la poussière qui se dépose immanquablement sur toutes les surfaces d'un logement. Les papiers et cartons ainsi que les bois sont les principaux nutriments des moisissures, d'où leur fréquente présence sur les plaques de plâtre et les bois d'œuvre.

Elles prennent habituellement l'aspect de tâches de couleurs brunes ou noires.

Elles se reproduisent en libérant des spores dans l'atmosphère et se dispersent dans l'air de la maison, ce sont les environnements humides près des bois, lacs, rivières ou bord de mer qui favorisent leur développement.

C'est l'inhalation des spores ainsi libérés dans l'atmosphère de la maison et des mycotoxines qu'ils contiennent, qui peut provoquer les manifestations allergiques.

 

 

L'allergie

Dans un nombre conséquent et toujours croissant de pays industrialisés, l'allergie est un véritable phénomène de société émergent. En 1980, 10 % de la population en souffrait, en 1999 plus de 30 %, les prédictions les plus alarmistes montent jusqu'à 50 % d'ici 2025 dans les pays industrialisés de l'hémisphère Nord.

L'évolution est officiellement suivie en France par le Réseau national de surveillance aérobiologique, RNSA.

De nombreux facteurs peuvent être à l'origine de manifestations allergiques et peuvent être classés en 3 catégories :

◊ Les facteurs environnementaux intérieurs : il s'agit de tous les allergènes potentiels respirés avec l'air intérieur des locaux : acariens, moisissures, poils de chat, poils de chien, etc.

◊ Les facteurs environnementaux extérieurs : il s'agit de tous les allergènes potentiels respirés avec l'air extérieur : pollens, moisissures.

◊ Les facteurs de pollution atmosphérique : il existe des relations triangulaires entre pollution, pollens et allergie. La pollution peut à la fois agir sur les pollens en modifiant leur structure et par la même leur allergénicité et sur les muqueuses respiratoires de l´homme en modifiant sa sensibilité aux grains de pollens.

 

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Les principaux symptômes

◊ La rhinite allergique saisonnière : nez bouché, éternuements, nez qui coule et démangeaisons.

◊ La conjonctivite allergique saisonnière : yeux rouges qui piquent, avec sensation de sable dans les yeux.

◊ Crises d’asthme : les petits allergènes, qui peuvent pénétrer jusque dans les bronches, peuvent provoquer des crises d'asthmes avec diminution du souffle, sifflements bronchiques, toux persistante souvent nocturne.

◊ Œdèmes et urticaire sont plus rares. Il faut tenir compte de la saison et de la météo.

Toutes ces réactions sont améliorées par la pluie et aggravées par le vent. Elles sont plus importantes à l'extérieur qu'à l'intérieur.