Dans cette période exceptionnelle de confinement, l’association Scal’Air s’est organisée pour maintenir les missions réglementaires essentielles de mesure, de surveillance et d’information du public sur la qualité de l’air.

Cette continuité de la surveillance de la qualité de l’air est exercée dans le respect des consignes données par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’Etat en vue de protéger la santé de ses collaborateurs (télétravail, déplacements limités sur autorisation, etc.).

Les mesures de confinement mises en place entrainent un ralentissement important des activités industrielles et une chute du trafic routier, mais la pollution baisse-t-elle vraiment significativement ?

 

Une baisse généralisée des niveaux en polluants

 

Si pendant les dernières semaines avant le confinement, la qualité de l’air à Nouméa était déjà qualifiée de bonne à très bonne, les mesures enregistrées par Scal’Air, depuis la prise d’effet des mesures de confinement, tendent à montrer une diminution généralisée des niveaux de polluants dans l’air ambiant sur la ville.

Un exercice de comparaison des données du 23 au 05 avril avec les valeurs mesurées durant la période de pré-confinement (1 – 22 mars) a été conduit. Cette analyse montre une baisse des concentrations, tout polluant confondu.

 

Dioxyde d 'azote - NO2

 Les concentrations en dioxyde d’azote, principalement issues du trafic routier (déplacement professionnel et personnel), sont marquées par une diminution notable, de près de 75 % sur l’ensemble des stations du réseau de Nouméa.

 

Poussières fines - PM10

Les concentrations en poussières fines,  aux origines plus diverses, sont également à la baisse sur le réseau de surveillance, mais de manière moins significative (entre 4 et 20 %). La baisse la plus notable a été relevée sur le quartier de Montravel, historiquement le plus impacté par les poussières fines, tant d’origine routière, en raison de la voie de dégagement ouest toute proche, qu’industrielle.

 

Dioxyde de soufre - SO2

Dans le cas du dioxyde de soufre, très majoritairement émis par la centrale thermique, les vents enregistrés ces deux dernières semaines ont favorisé la dispersion des émissions vers la grande rade de Nouméa et donc une baisse importante des niveaux relevés par les stations de mesure (73% en moyenne). Compte tenu que l’activité de production électrique à Doniambo n’est pas totalement suspendue, un épisode de pollution par le SO2 pourrait survenir si toutes les conditions météo étaient réunies (vents d’ouest notamment), et ce même en période de confinement.

 

graphNO2 v2

 

Nota : Ces données n’ont été obtenues qu’après deux semaines de mesures. Les conditions météorologiques pouvant fortement impacter la dispersion des polluants et les niveaux de pollution enregistrés au niveau des stations du réseau de Nouméa, un suivi régulier devra être conduit pour confirmer la baisse enregistrée au cours de cette période.